Bonheur Ardéchois Brut (BAB)

Celui-ci fait l’objet d’une exposition sous forme de quatre kakémonos. Nous la mettons à disposition des intéressées.

Présentation de la démarche

1- Un processus de recherche classique ?

Cet indicateur résulte d’une confrontation de regard entre une recherche quantitative (Atlas cartographique de la jeunesse ardéchoise) et qualitative (itinérance de 2 mois à vélo à la rencontre de la jeunesse ardéchoise).

Observer : Une intention de traduire une réalité récolté sur le terrain ( à l’issus d’une enquête itinérante et des états généraux de la jeunesse de Privas les 21 et 22 octobre 2017).

Donner à voir et interpeller : Un souhait de s’inscrire dans une démarche de recherche-action ; “recherche dans laquelle il y a une action délibérée de transformation de la réalité ; recherche ayant un double objectif : transformer la réalité et produire des connaissances concernant ces transformations “ (Hugon et Seibel, 1988).

a- Une volonté de compléter une approche cartographique…

Décliner les registres touchant le champ de la jeunesse (mobilité, scolarité, formation, précarité, socialisation, etc.) sous la forme d’un atlas cartographique a accentué une lecture du monde moderne et libéral dans laquelle le territoire ardéchois est dans une position de fragilité et se retrouve enclin à la marginalisation.

En poussant ce constat, on peut apercevoir que cette marginalisation se décline en misérabilisme en utilisant un regard macro-économique (et déterritorialisé). Il ouvre de plus la brèche au conflit intergénérationnel qui s’appuie sur un processus d’irrésponsabilisation de la jeunesse.

Cette vision qui sous-tend le fait de vouloir  gommer des disparités spatiales à toute force par l’intégration à l’économie de marché du modèle dominant (Allefresde, 1992) est aujourd’hui identifiée comme un leurre. Pourtant une approche cartographique académique  (notamment si elle se présente comme comparative à l’échelle régionale) ne permet pas de s’en extraire complètement.

b- …par une approche sensible

Si l’approche cartographique et quantitative traduisent une réalité (selon un regard productiviste surplombant et dominant), une enquête de terrain auprès de la jeunesse a mis en exergue un étonnement, une anomalie : l’exaltation, de la part de la jeunesse, à vivre sur le territoire.

La conception du “bien-vivre” sur le territoire se retrouve ainsi déformé voir retourné. Ce retournement se considère dans un premier temps dans la dynamique de “réenchantement des campagnes” (Hervieu & Viard) qui touche de plus en plus les territoires ruraux. En questionnant la spatialité, le retournement pourrait n’être que superficiel : la ruralité étant simplement devenu une territoire-jardin pour le centre.

Pourtant, si on considère ce qui se déploie dans l’espace, ce qui “fait” territoire, la jeunesse ardéchoise à travers leur trajectoire de vie, cela nous pousse inévitablement à questionner l’asymétrie dans le rapport centre-périphérie : développement dans l’interterritorialité (Vanier, 2008), attachement au cadre de vie, valorisation du “bien-être”, rapport au travail, à la saisonnalité, etc.

c- Trouver (forcer ?) la convergence

Questionner la jeunesse ardéchois nous a donc poussé à reconsidérer la notion de valeur et à traduire en conséquence les mécanismes d’amortissement et de solidarité qui témoignent d’un glissement de paradigme vis à vis du modèle productiviste dominant. Il a par exemple été question de retenir la notion d’activité plutôt que d’emploi pour autonomie le travail à la contractualisation et au tout marchand.

A l’instar de cet exemple, le point de convergence entre ces deux approches (quantitative et qualitative) a ainsi été approché par des « pirouettes sémantiques”.